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Sombrer dans les abîmes du désespoir,
C’est donner au violeur une double victoire.
Après avoir pris possession de notre corps
Il ne faut pas le laisser prendre notre âme.
Quand tout a basculer, nous avons vu la mort,
A notre réveil, apprenons à regarder la Vie.
N’oublions pas, nous ne sommes pas morte ce jour la,
Même si plus d’une fois nous l’avons souhaité.
Aujourd’hui, relevons la tête car nous sommes vivantes
Et laissons en nous la vie de nouveau circuler.
La vie est un cadeau aux couleurs de l’arc en ciel,
A nous de réapprendre a en apprécier les nuances.
Subir un acte qui nous plonge dans les ténèbre,
ou
Accepter l’épreuve afin d’avancer vers la lumière.
Subir jour après jour, nuit après nuit ce drame en boucle
et laisser sa vie nous glisser entre les doigts,
le corps, le cœur et l’âme rongés par la honte.
ou
Accepter ce qui ne peut pas être changé
et reprendre sa vie en main afin
de ne pas laisser la victoire a celui qui nous a violé.
Parvenir à trouver la force pour réapprendre a vivre avec cette blessure béante en cessant de se sentir coupable, car la vie est faite de cadeaux, de belles rencontres, mais pour cela il faut arriver à accepter et reconnaître que nous sommes victimes.
Ne rien précipiter car nous avons chacun notre rythme de cicatrisation face à l’épreuve. Et ce qui fonctionne en thérapie pour l’un ne marche pas obligatoirement de la même façon pour l’autre, car chaque parcours de vie est différent et unique.
Mais une chose est sur … la fuite et l’autodestruction n’effacent rien, cela nous plonge encore plus dans la souffrance. Le plus difficile étant de s’arrêter, d’accepter de faire face a soi-même pour ensuite prendre une nouvelle direction, celle de la vie.
Je vais juste terminer par ces mots …
« Après l’errance vient la délivrance. »
Mais personne ne peut le faire à notre place
et c’est bien la, le plus difficile,
car on aimerai tant pouvoir se réveiller
et se dire que c’était juste un mauvais rêve …
Yélahiah
Toutes ces images qui me hantent jours et nuits,
Nuits blanches qui se succèdent inlassablement.
Je me sens perdue, vulnérable et sans défense.
Comment faire cette fois-ci pour m’en sortir.
Le viol en tant que femme, j’y fais fasse.
Mais celui subi en tant que petite fille,
Me plonge dans les abîmes de l’enfer.
Toutes ces flashs qui me reviennent nuits et jours,
Jours noirs qui s’enchaînent intarissablement.
J’ai peur de ce vide que je sens naître en moi,
De cette colère qui bouillonne au fond de mon être.
Je me sens oppressée, tourmentée, angoissée.
Tout s’effondre comme un château de carte,
Me laissant gisant a même le sol dans ce supplice.
« Promenons-nous dans les bois,
Pendant que le loup, y est pas.
Si le loup y était
Il nous mangerait. »
Oui, mais comment faire quand c’est le loup qui te tient la main ?
J’avais 10 ans quand cet homme, l’ami de mes voisins, m’accompagna pour une promenade dans les bois. Je venais de perdre mon meilleur ami, d’un accident violent de la route.
J’étais seule, recroquevillée sur moi-même, et quand « l’ami » de mes voisins vient en vacances cet été la. Je discutais avec lui de la douleur et du manque que je ressentais. J’avais beaucoup de mal a en parler a mes parents, mais avec lui, cela me semblais plus facile. Alors je laissais sortir les mots de ce manque, de cette déchirure laissée par ce départ si brutal et d’une telle violence de mon ami d’enfance.
J’étais heureuse de pouvoir le retrouver à la fontaine du village et lui confier mes maux avec mes mots d’enfant. Au fil des jours, nous partions marcher les après-midi jusqu'à l’entrée du village les premiers temps et jusqu'à l’orée du bois ensuite. J’avais confiance, j’étais avec un adulte qui m’écoutait et me comprenait. Il s’avait trouvé les mots pour me consoler et m’apaiser.
Mais que c’est-il passé ensuite ?
Ma mémoire c’est bloquée, verrouillée … j’ai grandi avec un vide a l’intérieur que j’associais au décès de mon meilleur ami, jusqu'à ce 21 novembre 2010 ou au volant de ma voiture alors que j’entamais ma reconstruction suite au viol que j’ai subi en tant que femme, ces flashs, ces images d’une violence extrême dans les bois.
Je me vois a quatre pattes près de cet arbre, son sexe dans mon anus et les larmes qui coulent le long de mes joues.
Que ce passe t’il ???
Que me fait-il ???
Ce n’est pas normal … je ne comprends pas ??? Je ne comprends rien ???
Et les flashs se succèdent, je dois m’arrêter car ils sont d’une telle violence … 30 ans de souvenirs enfouis au plus profonds de ma mémoire qui ressurgissent la, a cet instant, me laissant tremblante, le souffle coupé avec cette envie d’hurler.
Yélahiah
A tout moment,
Sans prévenir,
Les souvenirs ressurgissent,
Les images Rejaillissent.
A chaque instant,
Sans avertir,
L’esprit se fige,
Le corps se tétanise.
Yelahiah
Tant d’années sans souvenirs,
Souvenirs d’une enfance oubliée,
Oubliée pour ne pas souffrir,
Souffrir de cette confiance brisée.
Tant d’année dans l’errance,
Errance d’une jeune fille,
Jeune fille voulant entrer dans la danse,
Danse qu’elle vie sur un fil.
Tant d’années dans la fuite,
Fuite d’une enfance volée,
Volée par l'acte d’un parasite,
Parasite qui m’a Violé.
Yélahiah
Un porte vient de s’ouvrir !!!!
Mon dieu l’horreur
L’horreur d’une enfance volée …
MON ENFANCE.
Yelahiah
Destins de femmes
Détruites dans leurs cœurs
Salies dans leurs chairs
Dans le silence elles avancent
Dans le noir elles se reconstruisent
Que se cache t’il derrière ce sourire ?
Que se cache t’il derrière ce regard ?
Que se cache t’il derrière ce renfermement ?
Que se cache t’il derrière ce retranchement ?
Ne pas critiquer un sourire triste
Ne pas juger un regard éteint
Ne pas critiquer un renfermement dans l’isolement
Ne pas juger un retranchement dans le silence
Car vous ne connaissez pas le destin de ces femmes
Dont la vie a été brisée par un acte inqualifiable.
Car elles se battent jours après jours pour se reconstruire
Dans une vie où leur identité a été violée.
yelahiah









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